Martin Miguel
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1987 "MIGUEL" (R. Monticelli dans le Patriote)

MIGUEL

A tout juste 40 ans, Martin Miguel a derrière lui vingt ans de présence et d’activité dans le domaine de la création plastique. Dès 1967-1969 il participe, aux côtés d’Alocco, Charvolen, Dolla, Maccaferri, Monticelli, Saytour et Viallat, aux activités du groupe « Intervention », qui proposait une sorte d’alternative construite et réfléchie à la trop vague notion d’école de Nice. C’est, notamment, dans ce groupe que se pensait alors ce qui devait devenir une nouvelle donne de la peinture française, cherchant dans le rapport aux « constituants immédiats » de la peinture (notion empruntée à la linguistique), un dépassement de l’opposition entre abstraction et figuration. C’est ainsi que deux ans plus tard, tandis que Saytour,Viallat et Dolla fondaient notamment avec Dezeuze, Cane et Devade, le groupe « Support-Surface », Miguel s’unissait à Maccaferri, Charvolen, Isnard et Chacallis pour construire le groupe « 70 ». Outre une division de type marchand, les deux groupes se distinguaient par le fait que le groupe « 70 », d’allure moins théorique, plus attaché aux réalités et conditions pratiques de la peinture, considérait l’image comme l’une des données constitutives de l’art plastique et non comme un simple résultat de sa pratique. Toute l’œuvre de Miguel se comprend dans la fidélité à cette problématique : œuvrant d’abord à l’intérieur des éléments historiques de la peinture, il fait des supports, des outils, des gestes... l’objet d’une réflexion sur la représentation. Puis, dès 1976, il va étendre cette réflexion aux objets et outils de notre quotidien. C’est ce qu’il fait cette semaine encore dans notre hebdomadaire. Dans l’une des nombreuses discussions qu’il poursuit avec Max Charvolen, il précise : « …Parce que nous sommes remplis et formés de modèles, il est difficile de penser des pratiques de la non-représentation, et d’abord parce que le problème n’est pas celui du modèle passif ou d’un rapport passif au modèle, mais de savoir comment on utilise le modèle ». « Le problème c’est de savoir comment la pratique de la peinture transforme notre regard sur le modèle. Il est faux de penser les pratiques de la représentation comme des pratiques de la ressemblance ». « Moi, c’est pour ça que je ne trouve pas nécessaire de revenir à la figuration pour traiter la représentation ». (Catalogue de l’exposition Nice à Berlin, Editions Musées de Nice, 1980). Peintre discret, voire secret, il a accepté d’enthousiasme, et avec l’inquiétude ou l’angoisse qui sont en filigrane de tous ses rapports publics, de fêter le numéro du « P.C.A. » du 20ème anniversaire (sait-on d’ailleurs que c’est lui qui en a dessiné le titre voici une dizaine d’années ?).

R. MONTICELLI (Le Patriote du 6 au 12 novembre 1987)

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