Martin Miguel

"Noir de source"

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Les Cahiers du Museur, collection "A côté" 2007 (21 exemplaires)

Noir de source

 

« La couleur noire renferme l’impossible vivant. »

René Char

 

 

 

Le rythme chez Martin Miguel est père du temps et de l’espace. Un tour de plus entre béton et suie, et c’est un trou. Ou une tour !

La terre ou le ciel !

 

Noir,

De la percée. Du creusement.

Ici, la peinture troue, creuse, pénètre et ne s’étend pas. Va se perdre. Ce qui reste, dépôts noirs. Aspérités alluvionnaires. Nids d’abeilles aux bourdonnements vivaces.

 

Noir,

Du trou d’air. Du vide.

Et d’un vide où le vent tient réserve. Derrière les cargneules et les demoiselles de béton, yeux au sol ou au ciel. Vide moins à montrer qu’à bâtir. À pleines mains jusqu’à faire de cet acte une forme qui nous regarde. Forme qui ne vaut qu’à maintenir battante en ses limites une force ou un jeu de forces. Présence qui ne vaut que par l’absence qu’elle tient ou retient.

 

Noir,

Part du vide. Outil de l’œuvre.

De la force enfuie, il garde la vérité du trou à l’écart. Retirée. À jamais infigurable, point de bascule basculé . Dans la tour.

 

Noir,

Couleur souterraine. Torrent d’eaux vives.

Couleur du corps, de tout ce qui se tient invisible, derrière : le front, la peau, les nerfs, les os. Couleur souterraine. Lave qui a déchiré, coulé, emporté dans l’échancré du cratère tout ce qui va avec ce que notre comédie sociale a parfois de pitoyable.

 

Noir de source,

Pour les yeux qu’il ouvre en nous. Contre tout ce qu’il y a de mort dans le monde.

 

Alain Freixe

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