Martin Miguel

"Trouées d’émergence"

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Béton, suie à l’huile de lin, texte gravé sur plexiglas incrusté de peinture acrylique 2004 12 exemplaires numérotés de 1 à 12, 12 exemplaires numérotés de I à XII et 12 exemplaires HC

 

Le texte :

Ecrire toutes les couleurs du monde tu regardes tes mains la vie en dépend elles tremblent Les souffles finissent par retourner au bleu ta voix s’enfonce dans ta gorge les caresses de l’air font un cri l’espace serein dans un grand remue ménage  Diluer l’espace trouble le cri te traverse le corps Torpiller le temps en bousculant les soubassements ternes du monde connu  Eclabousser de sang la vie la mort leur implosion produit de profondes musiques te cloue Tu ne sais jamais trop si tu parles ou si tu dans une coulure soudaine hantes ta propre mort retournes à l’eau des origines le sol s’effondre Tu nais des transformations de tes mains Le cœur du silence les mots voguent dans des étalements placides se glacent Tu devais nous dire un jour ce qui t’effraie voici que le monde s’ouvre sous tes mains tu les unis  Mais le pourrais-tu si elles ne contenaient le ciel paumes et doigts joints Ton effroi étouffe les mots et les constellations  tu serres en toi le tranchant et l’acide Ce serait sans cesse renouvelés la lame et le poinçon Bruit crépitant de la mort des mots bourdonnent au bout des doigts tu lies l’aigu et le grave Ce serait toutes les couleurs du monde les larmes et les sources effondrement des voix qui bourdonnent au bout de nos doigts marquées des glaces des buées Gelées dans un grand remue ménage Tu as recueilli le sang et la cendre Trouant nos langues de constellations Sera en basculant l’envol de tes mains Le taraudant tintamarre le monde terne des redites sous nos mains L’envol de tes mains a émietté le cri Pourquoi faut-il qu’écrire soit si hésitante frontière entre vivre et mourir

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