Texte Alocco :
Journal d’un août
Il était un petit navire
Nous étions hier encore à l’ère des pneumatiques
la poussière noire des routes usera
et nous guetterons le nuage avec désir et crainte
il y aura la beauté rousse des horizons
et la peur des brûlures acides
l’un tire au canon les nuages
l’autre agite les bâtons de pluie
tu danses autour d’un totem
il en est qui s’abîment en prières
tandis que l’intelligence numérique s’abêtit
en calculs sur l’infini encore improbable
l’homme
et la femme aussi
tournent en rond dans l’espace
ils jettent des S.O.S. silencieux vers l’inaudible
vacarme des étoiles
le poisson christique pèse le plomb de ses entrailles
l’oxygène espéré ronge tes poumons avides
des cœurs battent comme de vieux tapis
nos artères embourbées de sangs obscurs
il y aura encore un clown et des présidents
pour faire les pitres équilibristes
tandis que l’étrave pointe les profondeurs
et la poupe les étoiles
13 août 2007
extrait de « Journal d’un an »
dixième année
Construction
L’œil sort parfois de ses décombres
Remue des fumées closes
Luit indolent à l’huile
Gloup
S’enivre
Plus qu’il n’en faut pour que ça sombre
Cendres
Copeaux blonds
Noir oxyde
Ou suie
En faut-il pour que cela s’effondre
Juste siccatif
Luttes aquatiques
Encrouées durement
D’un rien d’anfractuosité
L’œil polit roule
Le mur sort aussi parfois de ses décombres
Parois remparts tours
Caves ou caveaux
Cubes sur cubes
Plus qu’il n’en faut pour que ça sombre
Ouvertures
Passages
Fentes
Trouées
Baies
En faut-il pour que ça tienne
Aux bords naissent les succubes
Où la lumière suce que dalle où le mur poli luit




